Voix Croissantes des Citoyens en Ligne Malgré l’Environnement Répressif : Etat de la Liberté d’Internet en Afrique

Accra, Ghana, Mardi le 6 Juin 2018. Les pays d’Afrique ont continuellement assisté aux détériorations progressives de l’environnement en ligne en 2017 à cause des activités des acteurs étatiques et non étatiques qui restreigne le droit de la liberté d’expression et autre droits de l’homme en ligne, selon le rapport publié aujourd’hui par le Réseau Africain de la Liberté d’expression (AFEX).  

Bien que cette étude ne couvre que 12 pays du continent,  les résultats du rapport intitulé: Rapport Annuel sur l’Etat de la Liberté d’Internet en Afrique montrent une augmentation des risques de diverses sources sur la liberté d’internet dans les pays étudiés.

Néanmoins, deux autres thèmes principaux sont également soulignés dans ce rapport. Le premier est le désir des citoyens de faire entendre leurs voix sur des sujets variés liés à la gouvernance et aux problèmes sociaux. Par conséquent de nombreuses voix dissidentes s’élèvent pour exprimer leurs opinions malgré les défis  impressionnants. 

Face à la nécessité de trouver  un contre-discours à l’environnement réglementaire et politique  hostile, les sociétés civiles ont par conséquent intensifié leurs efforts de plaidoyer de défense des droits et liberté numériques dans les différent pays, avec les organisations de la société civile du Nigéria qui ont joué un rôle de leadership exceptionnel  dans ce domaine.  Le succès de leurs campagnes de plaidoyer pour les droits numériques et le projet de la loi de liberté qui est en attente d’approbation par le président suite à l’adoption de  l’Assemblée Nationale Nigériane, constitue une étape remarquable.   

36 incidents d’atteintes aux droits numériques dans lesquels l’expression en ligne a été criminalisée par des arrestations et détentions, des peines de prison ou des amendes ont été enregistrés en 2017 dans le pays étudiés.  Ironiquement, le Nigéria en a enregistré la plupart, avec 13 incidents criminalisés en vertu de la loi du pays sur la cybercriminalité. 

Neuf incidents de coupure d’internet  ont été enregistrés dans sept pays et certains pays tels que le Cameroun ont connu plusieurs coupures. La coupure d’internet a été utilisée notamment lors des évènements  comme les élections, les protestations, les attaques terroristes ou dans des cas d’urgence nationale pour taire les voix dissidentes et critiques  ainsi que restreindre les droits à la liberté d’assemblée et les droits d’associations.

Les pays qui ont vécu la coupure d’internet sont la Somalie, l’Ethiopie, l’Ouganda, la République Démocratique du Congo, le Cameroun, le Zimbabwe, le Togo et le Nigéria.

Les agents de sécurité, les militants des partis politiques au pouvoir et de l’opposition, les organes régulations des médias et des particuliers ont été identifiés comme les principaux auteurs des violations enregistrées. Il a été également observé que la plupart des victimes de violations n’ont reçu aucune forme de réparation.

Les remarques critiques contre les responsables publics ou les membres de la classe dirigeante étaient fréquemment sources des violations des droits des citoyens en ligne. Ces critiques ont été jugées comme des tentatives d’incitations du public contre la classe de dirigeante. Ces expressions d’opinions dissidentes ont souvent été accueillies avec arrogance par la classe politique.  

Il est intéressant de noter que des particuliers font également partie des auteurs de nombreux  cas de violations des droits en ligne. Ils ont initié les actes de violations telles que les trolling (les insultes en ligne), la pornographie de vengeance, le piratage, les menaces et les intimidations contre les autres pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression en ligne.

Bien que le Ghana par exemple, n’ait enregistré aucun incident d’ingérence de la part du gouvernement en ce qui concerne les droits en ligne, les particuliers ont perpétré la majorité des violations enregistrées contre autrui.

Néanmoins, le rapport a noté que des progrès significatifs qui visent à protéger les droits et la liberté d’internet ont été accomplis dans un certain nombre des pays du continent.

La coordonnatrice d’AFEX, Mme. Felicia Anthonio estime que : « tandis que l’AFEX rend hommage aux efforts déployés par certains gouvernements à travers le continent pour s’assurer que les citoyens aient accès à un environnement d’internet ouvert, libre et fiable, nous réitérons que les gouvernements et les parties prenantes du continent entier ont le devoir de protéger et de défendre les droits des citoyens pour accéder et utiliser l’internet. »

Veuillez  cliquer ici pour télécharger la version intégrale du Rapport Annuel sur l’Etat de la Liberte d’Internet en Afrique 2017.