AFEX exhorte président Mnangagwa à mettre fin à la répression de la liberté d’expression et des droits de réunion au Zimbabwe

Le Réseau Africain de la Liberté  d’Expression (AFEX) est profondément préoccupé par la répression exercée par le gouvernement contre la liberté d’expression et le droit à la liberté de réunion au Zimbabwe.

 AFEX dénonce en particulier le recours à la force meurtrière contre les manifestants, qui aurait entraîné l’assassinat d’au moins cinq personnes et de plusieurs blessures signalées. AFEX a également reçu des informations faisant état d’arrestations arbitraires et de la détention de manifestants. 

Le réseau AFEX condamne en outre l’utilisation par le gouvernement zimbabwéen de la coupure d’Internet comme moyen d’étouffer les droits à la liberté d’expression de la population du Zimbabwe. 

Pour la deuxième fois dans une semaine, le gouvernement du Zimbabwe a ordonné aux fournisseurs des services Internet de couper la connexion dans le pays. La directive figurait dans un message envoyé par l’un des fournisseurs de services Internet du Zimbabwe, Econet, à ses clients le 17 janvier 2019: 

L’annonce par le gouvernement de la hausse des prix du carburant et d’autres produits de base a provoqué depuis le 12 janvier 2019 des manifestations massives à travers le pays. 

Le 16 janvier 2019, le gouvernement a ordonné une déconnection complète d’Internet, alors que les manifestations s’intensifiaient dans tout le pays. Media Institute for Southern Africa(MISA Zimbabwe), membre d’AFEX au Zimbabwe, ainsi que d’autres journalistes, ont engagé une action en justice devant la Haute Cour contre le gouvernement pour avoir désactivé Internet. La coupure a durée 28 heures, mais le gouvernement a ordonné une nouvelle coupure le 17 janvier 2019. 

Et comme les perturbations du réseau se sont avérées causer plus de tort que de bien  à la sécurité de tous le pays et de son peuple, les manifestations au Zimbabwe se sont amplifiées malgré la déconnection d’Internet et l’agitation accrue parmi les manifestants.

AFEX réaffirme que le gouvernement du Zimbabwe a la responsabilité de protéger les droits des citoyens à tout moment, comme le stipule dans sa constitution nationale et dans autres cadres régionaux et internationaux. 

De plus, les blocages d’accès à Internet sont en contradiction avec les dispositions de la résolution A / HRC / 32 / L.20 de l’ONU qui prévoit que « les droits dont jouissent les personnes hors ligne doivent être protégés en ligne ». 

AFEX se joint à la communauté internationale pour condamner cet acte de censure du gouvernement et lance un appel au président Emerson Mnangagwa pour qu’il mette fin à l’utilisation de la censure internet. Nous exhortons le gouvernement zimbabwéen à respecter les libertés d’Internet des citoyens ordinaires  afin de leur permettre de poursuivre leurs aspirations personnelles et professionnelles.