Violation des droits à la liberté d’expression en Somaliland : un activiste et un civil emprisonnés

Un tribunal provincial à Hargeisa, une ville du Somaliland, République autoproclamée de Somalie, a condamné un activiste et un civil à trois ans et 18 mois de prison respectivement pour des commentaires jugés diffamatoires par les autorités.

Human Rights Journalists (HRJ), une organisation locale en Somalie, a rapporté que Naima Ahmed, une jeune poète et militante, a été condamnée à trois ans de prison pour avoir publiquement proclamé que le Somaliland faisait partie de la République de Somalie. Les autorités ont jugé ses déclarations «insultantes et diffamatoires contre l’État». Naima a été arrêtée à l’aéroport d’Hargeisa le 27 janvier 2018 à son retour de Mogadiscio. Elle a été détenue jusqu’au 15 avril 2018, date à laquelle elle a été condamnée. .

Ce même tribunal a condamné Mohamed Kayse à 18 mois de prison pour diffamation le 16 avril 2018. Le président a accusé Kayse d’avoir offensé l’honneur du président du Somaliland, Musse Bihi, dans un article sur Facebook où il a qualifié le président de «président local» alors qu’il est en réalité «président national». Kayse a été arrêté le 8 février 2018.

La condamnation de Kayse et Ahmed pour avoir exercé leurs droits fondamentaux à la liberté d’expression qui est garantie dans la constitution du Somaliland est inquiétante.

Dans une déclaration publiée le 16 avril 2018, Human Rigths Journalists  (HRJ) a condamné ces deux jugements et qualifié les condamnations d’une menace à la liberté de la presse.

« Les décisions rendues par le tribunal d’Hargeisa hier et aujourd’hui constituent un revers inquiétant pour la liberté d’expression durement acquise au Somaliland », a déclaré le président de la HRJ, Ismail Sheikh Khalifa. « Ce verdict de culpabilité envoie le mauvais message aux populations du Somaliland. Le droit à la liberté d’expression et la liberté de la presse sont inscrits dans la constitution de ce pays, de sorte que les gens ne devraient jamais être emprisonnés pour leurs opinions. « 

Le Réseau des Organisations Africaines de la Promotion de la Liberté d’Expression (AFEX) est préoccupée par la restriction continue de la liberté de la presse au Somaliland et appelle les autorités du pays à défendre les droits des citoyens à la liberté de la presse tant en ligne que hors ligne. Condamner des citoyens à la prison pour avoir exprimé leurs opinions a de sérieuses implications pour les droits des citoyens à la liberté d’expression et pour la démocratie.

AFEX se joint à HRJ pour dénoncer la condamnation de Kayse et Ahmed. Nous exhortons la Cour à revoir le jugement par son annulation afin de permettre à ces jeunes de contribuer au débat intellectuel public sur les problèmes affectant leur pays et eux-mêmes.