AFEX se joint à son Membre, JED pour Exhorter le Nouveau Gouvernement Congolais à Prioriser à la Sécurité des Journalistes en RDC

Le Réseau Africain de la Liberté d’Expression (AFEX) se joint à Journaliste en Danger (JED), son organisation membre en République Démocratique du Congo (RDC), pour demander au Président Félix Antoine Tshisekedi d’accorder une priorité à la sécurité des journalistes et d’adopter des mesures concrètes pour mettre fin à la culture répandue d’impunité pour les crimes contre les journalistes dans le pays. Cet appel a été lancé à la suite de la publication d’un rapport de JED intitulé « la Sécurité des Journalistes et le Problème d Impunité en RDC – Janvier 2017- May 2019 qui met en lumière la situation de la liberté de la presse dans le pays de Janvier 2017 à Mai 2019.

Selon JED, bien que la situation de la liberté de la presse au cours des six derniers mois ait connu un calme précaire, les attaques contre les journalistes en RDC demeurent alarmantes.

Le rapport indique que 37 violations de la liberté de la presse visant principalement des journalistes ont été enregistrées du 1er Janvier à 3 Mai 2019, contre 44 cas au cours de la même période en 2018.  Les années successives de 2017 et 2018 ont chacune enregistré 121 violations.

Parmi les violations enregistrées en 2019 figuraient la destruction de maisons de presse, l’arrestation et la détention de journalistes, la menace et l’intimidation et l’emprisonnement de journalistes. Les principaux auteurs des violations mentionnées ci-dessus étaient des agents de la sécurité de l’État et des représentants de l’État. Malheureusement, la plupart de ces violations ont été perpétrées en toute impunité. Une tendance similaire a été observée au cours des années précédentes.

« Le gouvernement congolais n’a pas adopté de mesures concrètes pour promouvoir la liberté d’expression et la liberté de la presse en particulier, la sécurité des journalistes, ce qui a donné lieu à une culture d’impunité qui favorise une violence accrue contre les journalistes dans le pays », a déploré le rapport.

Le rapport a également a déploré l’usage de lois obsolètes qui ont été adoptées pendant le régime militaire pour étouffer la liberté des médias et harceler les journalistes travaillant dans le pays.

Jusqu’à aujourd’hui, la RDC s’appuie toujours sur une loi obsolète adoptée sous la dictature du maréchal Mobutu en 1996, qui impose des peines d’emprisonnement et des amendes excessives pour de délits commis par voie de presse sur des fonctionnaires ou de personnes influentes. Cette loi menace et limite ainsi la jouissance de la liberté d’expression et de son corollaire, la liberté de la presse, d’une part, et donne aux fonctionnaires publics et privés une certaine marge de manœuvre pour attaquer les journalistes, d’autre part », indique le rapport.

Il a également indiqué qu’aucune des recommandations faites au gouvernement lors du dernier Examen périodique universel (EPU) avant la réunion du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en 2015 n’a été mise en œuvre.

L’AFEX se joint donc à JED pour exhorter le Président Tshisekedi à prendre des mesures urgentes pour améliorer la liberté de presse et la sécurité des journalistes en RDC. Nous appelons le Président à respecter son engagement à faire des médias le « Quatrième Pouvoir » lors de son investiture en Janvier 2019 en accordant la priorité à la situation sécuritaire des journalistes et à la question de l’impunité dans le pays.

En plus de ce qui précède, nous demandons au gouvernement congolais d’examiner les recommandations suivantes:

        Dépénaliser les délits de presse pour permettre aux journalistes de s’acquitter librement de leur devoir et sans crainte

        Enquêter sur les violations de la liberté d’expression contre des journalistes, des défenseurs des droits de l’homme, des blogueurs et des particuliers, et punir les auteurs

        Accorder le pouvoir à un organisme d’autorégulation indépendant des médias pour promouvoir le professionnalisme des médias et sanctionner les délits de presse

        Sensibiliser les forces de sécurité et les acteurs judiciaires aux droits et devoirs des journalistes et à leur devoir de faire respecter ces droits

        Veiller à ce que les agents de sécurité protègent les journalistes et s’abstiennent de commettre des actes de violence et d’autres formes d’abus à leur encontre

        Mettre en place un mécanisme national multipartite sur la sécurité des journalistes

        Mettre fin à l’impunité pour les crimes contre les journalistes en rouvrant les enquêtes sur les meurtres de journalistes sous l’ancien régime et  s’en assurer que les auteurs sont identifiés et punis en conséquence.

Cliquez ici pour accéder au rapport complet sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité pour les crimes contre les journalists Rapport sur la Sécurité des Journalistes et le Problème d Impunité en RDC – Janvier 2017- May 2019

Ce rapport a été produit avec le soutien du Réseau Africain pour la Liberté d’Expression (AFEX) dans le cadre de sa campagne visant à promouvoir la sécurité des journalistes et à lutter contre l’impunité en Afrique.  Des rapports similaires seront produits et rendus publics par l’AFEX et ses organisations membres dans huit autres pays africains, dont le Cameroun, le Nigeria, l’Ouganda