AFEX condamne l’assassinat Horrible de Jamal Khashoggi et appelle l’ONU à prendre des mesures décisives contre l’Arabie Saoudite

Accra, Ghana, lundi 29 octobre 2018: Le Réseau Africain de la liberté  d’Expression (AFEX), un regroupement d’organisations influentes des médias et de la défense de la liberté d’expression à travers le continent, condamne ce jour  l’assassinat macabre du célèbre journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, au consulat d’Arabie Saoudite en Istanbul, en Turquie et déclare qu’un pays qui se livre à un tel comportement barbare devrait être isolé par le monde civilisé.

Dans un communiqué publié par son secrétariat à Accra, AFEX a appelé les Nations Unies à démontrer leur attachement à la sécurité des journalistes et à mettre un terme à l’impunité des crimes commis contre les journalistes en prenant des mesures fortes contre l’Arabie saoudite, qui «malgré les preuves accablantes de complicité officielle d’assassinat du journaliste, le pays s’est engagé dans des dénégations ouvertes, de la duplicité, et à colporter des mensonges puis avoué à contrecœur des demi-vérités ».

Edetaen Ojo, président du comité directeur de l’AFEX, a déclaré: «Il ne peut y avoir aucune excuse ou justification acceptable pour l’incapacité des Nations unies à prendre des mesures contre l’Arabie Saoudite pour ce crime odieux contre un journaliste travaillant pour l’État au moment où la communauté internationale, dirigée par l’ONU, tente de mettre en œuvre une série de mesures pour lutter contre le problème des crimes commis contre les journalistes et mettre fin à l’impunité pour de tels crimes. L’échec de l’ONU à sanctionner l’un de ses membres, dont les agents seraient responsables de ce meurtre atroce, poserait à juste titre de sérieuses questions sur son engagement en faveur de la sécurité des journalistes et de la fin de l’impunité pour les crimes commis à leur encontre.  » 

Selon M. Ojo, «Compte tenu de l’utilisation évidente des ressources du gouvernement saoudien pour faciliter le meurtre brutal de Jamal Khashoggi et de la participation de plusieurs responsables saoudiens au crime, y compris les efforts initiaux visant à le dissimuler, nous n’avons aucune foi en l’Arabie Saoudite ou sa capacité à traduire tous les responsables en justice. Son refus persistant à révéler où se trouve la dépouille du journaliste est une preuve que le pays refuse toujours de faire la lumière sur cette affaire et d’en faire une divulgation complète. « 

Il a ainsi appelé l’ONU à ouvrir une enquête internationale indépendante sur le meurtre afin de déterminer l’étendue de l’implication des différents responsables au sein du gouvernement saoudien, y compris l’auteur du meurtre du journaliste et tous ceux qui ont joué un rôle dans l’incident. 

M. Ojo a souligné que «ce n’est que de cette manière que l’ONU pourra convaincre le monde que ses efforts sont vraiment sérieux, comme le soulignent diverses résolutions et plans sur le sujet adoptés depuis 2012 par ses organes et organismes tels que le Conseil général. L’Assemblée, le Conseil des droits de l’homme et l’UNESCO, visaient à assurer la sécurité des journalistes et à mettre un terme à l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Ne rien faire reviendrait à approuver l’impunité! 

AFEX a déclaré qu’elle était sérieusement préoccupée par le manque d’indignation manifestée par les gouvernements africains à la suite de cet incident, ce qui donne l’impression que les dirigeants africains ne se préoccupent pas de cet acte barbare qui a choqué les honnêtes citoyens et les gouvernements du monde entier. 

Il a noté que, à l’exception de l’Afrique du Sud, qui avait exprimé sa « préoccupation » au sujet de la « disparition » du journaliste saoudien, aucun autre gouvernement africain n’a commenté ou condamné l’action, alors que l’Afrique du Sud elle-même continue de traiter avec le Golfe malgré les allégations selon lesquelles des représentants du gouvernement auraient participé au meurtre de Khashoggi. 

AFEX fait observer que les cultures et les traditions africaines sont fondées sur les valeurs de vérité, d’équité et de justice, de sorte qu’il est difficile de comprendre la base du silence des dirigeants africains en la matière. 

Selon le réseau AFEX, «mis à part les exigences des normes internationales, même dans les cultures et traditions africaines, aucune société ne tolérerait le type de comportement que l’Arabie Saoudite a manifesté. Le meurtre illégal et injustifiable d’un individu, comme dans le cas de Khashoggi, serait considéré comme un comportement tabou ou répugnant et se verrait infliger une peine sévère.  » 

Le Réseau a donc appelé les dirigeants africains à avoir le courage moral de défendre l’équité et la justice et, par conséquent, à se joindre au reste de la communauté internationale pour condamner sans équivoque les actes odieux perpétrés par l’Arabie saoudite.

Pour plus d’informations, veuillez contacter: 

Felicia Anthonio

Coordonnatrice, Le Réseau Africain de la liberté  d’Expression (AFEX)

Accra, Ghana

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Note aux rédacteurs 

AFEX regroupe actuellement 12 organisations de défense des droits des médias et de la liberté d’expression dans les régions d’Afrique occidentale, orientale, centrale et australe, à savoir: