AFEX Salut le Verdict de la Haute Cour de Justice du Zimbabwe Interdisant l’Arrestation des Journalistes par la Police

Le Réseau Africain de Liberté d’Expression et d’Echange (AFEX) salut le verdict du 20 Avril 2020 de la Haute Cour de Justice du Zimbabwe ordonnant à la police ainsi qu’à d’autres agences de maintien de l’ordre chargée d’assurer la mise en application et le respect des mesures de confinement dans le cadre du Covid-19, de ne pas arrêter, ni détenir ou même interférer « de manière inutile » dans le travail des journalistes.

La décision du juge de la Haute Cour du Zimbabwe, Justice Manzunzu est le résultat d’une demande urgente faite par un membre d’AFEX au Zimbabwe, MISA-Zimbabwe (premier requérant) et le journaliste Panashe Makufa (deuxième requérant), contre les arrestations et le harcèlement des journalistes par des policiers pendant la période de confinement. Dans cette demande déposée par l’avocat des requérants Chris Mhike, le Commissaire Général de police et la Commission des Médias du Zimbabwe (ZMC) sont cités respectivement comme premier et deuxième intimé.

Dans sa délibération, le juge Manzunzu a déclaré, « les policiers et tout autres agences de maintient de l’ordre public chargés de mettre en application les mesures de confinement lié au Coronavirus sont interdit d’arrêter, de détenir ou d’interférer ‘’si cela n’est pas nécessaire’’ dans le travail du 2e requérant (Makufa) et des membres de MISA Zimbabwe uniquement sur la base que leurs cartes de presse émises en 2019, et qui ont actuellement expiré. »

Le Commissaire Général de la Police et le ZMC ont également reçu pour ordre du tribunal de veiller à ce que la déclaration du ZMC sur la validité des cartes de presse de 2019 soit communiquée dans les 12 heures suivant le verdict du tribunal, à tous les postes de police du Zimbabwe, ainsi qu’aux centres de commandement de tout agent susceptible d’aider la police de la République du Zimbabwe à faire respecter la mesure du confinement.

MISA Zimbabwe espère que l’ordonnance provisoire accordée par la Haute Cour mettra fin aux harcèlements jugés illégaux et aux arrestations de journalistes, particulièrement en hausse pendant cette période de confinement.

MISA Zimbabwe a souligné que cette décision était une victoire pour les professionnels des médias et le droit à la liberté des médias au Zimbabwe, car l’ordonnance du tribunal contribuerait considérablement au renforcement du respect de la liberté des médias pendant la période au cours de laquelle le confinement est prolongée et bien au-delà. En effet, les journalistes fournissent un service essentiel car ils sont clés à la promotion de l’accès à l’information par les citoyens.

Selon le MISA Zimbabwe, cette décision intervient également au moment où le gouvernement a publié l’Instrument Statutaire (SI) 93 de 2020 suite de la prolongation du confinement. Cet Instrument Statutaire souligne de façon spécifique entre autres mesures, que les services de communication et de télécommunication comprennent l’internet, les journalistes et les vendeurs de journaux.

MISA Zimbabwe a donc réitéré que les médias devraient être professionnels dans l’exercice de leurs fonctions légales et assumer leurs responsabilités éthiques conformément au code de l’éthique et de la déontologie tout en étant conscients des mesures de sécurité de la profession.

L’organisation espère que ce verdict de la haute cour permettra aux citoyens d’avoir accès a des informations précises, vérifiables, et utiles concernant la pandémie, comment s’en protéger et prévenir sa propagation au sein des communauté.