MRA Condamne les Attaques Contre les Journalistes chargés deCouvrir le Covid-19 et Appel le Gouvernement du Nigeria à Respecter la Liberté des Médias

Lagos, Lundi 30 Mars 2020: Media Rights Agenda (MRA) a aujourd’hui condamné le nombre croissant des cas d’attaques perpétrées par les forces de l’ordre et les agences de sécurité contre des journalistes chargés de couvrir la pandémie du coronavirus et d’autres sujets. L’ONG a également appelé le Gouvernement Fédéral à assurer le respect des droits fondamentaux des journalistes et des médias.

Dans un communiqué publié à Lagos, le Directeur des Programmes de MRA, Mr. Ayode Longe, a déclaré: « Nous sommes contraints de rappeler au Gouvernement Fédéral qu’il a des obligations en vertu de divers instruments internationaux auxquels il a volontairement adhéré, en particulier l’article 66(c) du traité révisé de la CEDEAO, visant à assurer le respect des droits des journalistes. Nous sommes sérieusement préoccupés par la croissance galopante des obstructions à l’exercice de la fonction de journaliste et du nombre de cas d’attaques perpétrées par des agents des forces de l’ordre et de sécurité contre des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions professionnelles. Cette situation est inacceptable et ne sera plus tolérée. »

Il a cité comme l’un des derniers incidents de ce type, l’attaque du 28 Mars 2020 perpétrée par un membre du Département de la Sécurité d’État (DSS) sur la correspondante de l’État Imo du journal Leadership, Mme Angela Nkwo-Akpolu. La journaliste en effet prenait des photos d’un hôtel à Owerri où ceux qui y logeaient ont été mis en quarantaine de force par des agents de sécurité parce que le personnel de l’hôtel n’a pas respecté les directives gouvernementales selon lesquelles ils devaient vérifier l’état de tous leurs clients afin de permettre au gouvernement de faire un suivi de la propagation du Covid-19.

L’agent du Département de la Sécurité d’État (DSS) aurait brutalisé Mme Nkwo-Akpolu, saisi de force sa paire de lunettes médicale, ainsi que son Ipad et supprimé plusieurs photos qu’elle avait prises. Nul été l’intervention de d’autres journaliste présent sur les lieux, l’agent se serait mis à la battre puis aurait brisé son Ipad au sol.

Dans un autre incident, subvenu vers 4h00 du matin le 30 Mars 2020, un groupe de soldats positionné à un poste de contrôle à Mbiama, une ville frontalière entre l’Etat de Rivers et Bayelsa, a attaqué un véhicule appartenant au journal The Punch, qui était en route pour distribuer des exemplaires de journal dans les États de la zone Sud-Sud, et endommagé la voiture.

Selon le conducteur du véhicule, Mr. Sunkanmi Olusola, lorsqu’il est arrivé à Mbiama, les soldats l’ont arrêté, lui et le conducteur du véhicule du journal The Nation, et ont refusé de leur permettre de poursuivre leur voyage. Sa requête demandant aux soldats de les laisser partir a apparemment provoqué la colère de l’un des soldats. Ce dernier a sorti un couteau et a déchiqueté l’un des pneus avant du véhicule. Mr. Olusola a déclaré que le soldat avait d’abord tenté en vain de briser le pare-brise de la voiture, une Passat Golf 3, avant de décider d’utiliser le couteau pour déchirer le pneu.

Condamnant ces incidents, Mr. Longe a décrit comme tragique le recours fréquent à la violence et à la brutalité par les forces de l’ordre et les agents de sécurité dans leurs relations avec les populations, y compris les journalistes, sans aucune civilité ni respect des droits constitutionnels fondamentaux des citoyens.

Il a déclaré que « Ces incidents sont doublement regrettables parce qu’une presse libre et le respect de l’État de droit sont des conditions nécessaires dans une démocratie. Malheureusement, ces agents de sécurité ont constamment démontré qu’ils ne sont pas informés de ces principes fondamentaux du régime démocratique ou qu’ils n’ont aucun respect pour eux. Cela ne peut pas être autorisé à continuer sans interventions ».

Mr. Longe a fait remarquer qu’à un moment comme celui-ci où le monde est confronté à un défi sans précédent en matière de santé publique avec la pandémie du coronavirus, le rôle des médias est plus que jamais important, étant donné qu’il est impératif que les citoyens aient accès à des informations factuelles sur la nature de la menace, les moyens de protections, etc.

Il a souligné que « dans une situation comme celle-ci, il ne peut avoir aucune justification à ce genre d’actions de la part du gouvernement ou des forces de l’ordre ayant pour mission de faire appliquer les mesures de lutte contre le virus. Le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que les journalistes et les médias puissent mener à bien de leurs fonctions. Cela devrait nécessiter la prise de mesures extraordinaires pour protéger les journalistes et leur travail et de pleinement mettre en application toutes les lois visant à garantir que les journalistes et les citoyens aient constamment accès à l’information. Malheureusement, nous sommes constamment confrontés à une situation où le gouvernement, qui devrait être le protecteur, représente le principal obstacle ».

Mr. Longe a exhorté Yusuf Magaji Bichi, Directeur Général de la DSS, et le Lieutenant Général Tukur Yusuf Buratai, Chef d’Etat-Major de l’Armée, de ramener leurs officiers à l’ordre et àleur fournir la formation nécessaire sur leurs obligations en matière de Droits de l’Homme envers les citoyens, et sur les différents types de réactions acceptables et reconnus à l’échelle internationale en ce qui concerne le comportement que doivent observer les agents de maintien de l’ordre lors de leurs échanges avec les citoyens et les civiles.

Pour plus d’information, veuillez bien contacter :

Idowu Adewale
Chargéde Communication
Media Rights Agenda
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