AFEX demande un renforcement des capacités des stations pour qu’elles produisent des informations crédibles.

Aujourd’hui, le monde observe la 11ème célébration de la Journée mondiale de la radio. L’événement a été initialement proclamé en 2011 par l’UNESCO et, un an après, adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies comme une journée internationale. Le 13 février est devenu la Journée mondiale de la radio (JMR).

En cette occasion importante qui est célébrée sous le thème :  »Radio et confiance », le Réseau africain des organisations de la liberté d’expression (AFEX), saisit l’opportunité pour souligner l’importance de la radio, en tant que source d’information de confiance en Afrique, particulièrement en cette ère de désinformation.

En mai 2021, la population africaine était estimée à environ 1,37 milliard de personnes, le Nigeria, l’Éthiopie et l’Égypte étant les pays les plus peuplés. Selon une étude menée par Kantar, 62 % des personnes interrogées dans huit pays d’Afrique subsaharienne passent du temps à écouter la radio pendant 2 heures 09 minutes par jour.

En ce qui concerne les sources d’information fiables, la radio est apparue comme la source d’information la plus fiable en Afrique.

Lorsque la pandémie de COVID-19 a éclaté et que la plupart des pays d’Afrique ont imposé des restrictions, qui ont notamment limité la libre circulation des personnes, une partie de la population, en particulier celle vivant dans les zones rurales, où l’accès aux plateformes numériques est limité, a trouvé en la radio un compagnon de confiance pour accéder aux informations et prendre des décisions éclairées sur la pandémie.

Pour des millions de ces personnes, la seule source d’informations crédibles et fiables était la radio.

« La radio va là où les nouvelles technologies ne peuvent pas aller. C’est un moyen extrêmement efficace de diffuser des informations dans les zones rurales et reculées, où l’information peut éduquer, voire sauver des vies dans des situations d’urgence telles que la pandémie actuelle. Les auditeurs se branchent sur les stations de radio pour recevoir les dernières nouvelles et des recommandations sur la manière de prévenir la propagation du COVID-19.  Comme la radio est plus abordable que d’autres formes de technologies, ainsi que la croissance des radios communautaires, l’information et la culture deviennent plus accessibles à tous », peut-on lire dans un communiqué de l’UIT, l’agence spécialisée des Nations unies pour les TIC.

Malgré la pénétration croissante des plateformes de médias numériques sur le continent africain, avec l’utilisation massive d’appareils numériques tels que les smartphones, la radio reste la plus grande source d’information en Afrique, avec la plus grande portée possible.

Mais, avec le phénomène de plus en plus répandu de ce que l’on appelle  » l’infodémie « , le défi de rester pertinent et digne de confiance est devenu extrêmement important pour les médias, y compris la radio. La pléthore d’informations circulant à la minute, dont certaines sont contradictoires, a créé un défi de crédibilité pour les médias. Le phénomène de la prolifération des « fake news » semble avoir ébranlé les fondements de la confiance dans le secteur des médias et sapé le mandat constitutionnel des médias, qui consiste à servir de contrepoids au pouvoir et à exiger la transparence et la responsabilité des détenteurs de devoirs.

Mais c’est un défi que la radio a largement relevé, principalement en raison de sa proximité avec sa communauté, de l’utilisation de la langue locale, de la possibilité qu’elle offre à son public de participer à des discussions par le biais de tribunes téléphoniques et de sa capacité à briser les barrières de l’analphabétisation.

  1. Edetaen Ojo, directeur exécutif de Media Rights Agenda (MRA) au Nigeria et président du conseil d’administration de l’AFEX, a déclaré : « Malgré les progrès des technologies de l’information et de la communication, la radio, sous ses différentes formes, reste un moyen de communication fiable et le plus accessible pour des millions de personnes sur le continent africain et au-delà, leur donnant une voix et servant de véritable source d’information. Il est donc impératif que les gouvernements et les autres parties prenantes continuent à préserver et à renforcer la radio pour qu’elle puisse jouer ses différents rôles dans la société, grâce au développement technologique, à des cadres réglementaires appropriés, à des activités de sensibilisation du public et à l’injection des ressources nécessaires pour soutenir son fonctionnement. »

À l’occasion de la Journée mondiale de la radio, AFEX célèbre donc le rôle inestimable que la radio a joué pour enrichir les vies en mettant en lumière les problèmes de développement à résoudre, en éduquant le public sur ses droits et ses responsabilités, en demandant des comptes aux responsables publics et en éclairant et en informant le public, surtout pendant les urgences comme le COVID-19.

À cet égard, nous appelons les gouvernements du continent à renforcer les capacités des travailleurs des médias, en particulier les stations de radio, pour leur permettre de fournir des informations crédibles au public.

Nous demandons également aux gouvernements de renoncer à l’alibi de l’information fiable en se cachant derrière la lutte contre les fakes news, pour adopter des législations et des politiques répressives qui étouffent les médias.

Enfin, les gouvernements doivent veiller à ce que l’attribution des fréquences FM se fasse de manière transparente et de façon à permettre à toutes les nuances d’opinions, de cultures et d’intérêts de donner effet au droit des citoyens d’accéder à l’information.