Message du Président de l’Association des Journalistes de l’Afrique de l’Ouest à l’Occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de Presse

En ce moment où nous célébrons la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse 2020, nous sommes confrontés à une crise sanitaire mondiale sans précédent qui semble avoir mis le voile sur les attaques et les violations constantes des droits des journalistes dans l’exercice de leurs fonctions.

Sans aucun doute, l’éruption ainsi que la propagation de l’épidémie de coronavirus à travers le monde s’est ajouté à la longue liste de difficultés auxquelles font déjà face les journalistes qui travaillent dans des cadres instables et perfides. Le monde entier est actuellement confiné en raison du coronavirus qui a déjà coûté la vie à 280 personnes en Afrique de l’Ouest, et parmi les 11500 personnes infectées dans la région figure des journalistes.

Malgré les risques associés au virus, notre mandat consiste à relever le défi d’informer les populations, au péril de notre vie. C’est pour cette raison que le thème mondial de la célébration de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse (WPFD) cette année nous mobilise à faire du « Journalisme sans peur ni complaisance ». Nous célébrons la bravoure et le professionnalisme de tous nos collègues qui sont restés fidèles à leur vocation, indépendamment des attaques et menaces auxquelles ils font faces.

Alors que les politiciens, se trouvent à leur posture habituelle et se régalent sur le dos des citoyens ordinaires, ce sont les journalistes qui doivent venir à la rescousse du peuple. Oui, cette insistance à dire la vérité et à exposer les défauts de ces politiciens, fait de vous une cible. Cela ne représente point un manquement, dans la mesure où dire la vérité est votre objectif.

Tout en résistant aux pressions de certaines autorités, les journalistes doivent également s’éloigner des individus impliqués dans la manipulation de l’opinion publique sur la propagation du virus. Il y en a de ceux-là qui publient toutes sortes de fausses informations, des théories du complot, de mythes et des prophéties au sujet du virus. Les médias doivent donc aider le peuple en lui fournissant des informations factuelles sur le virus a travers les médias traditionnels et surtout, les réseaux sociaux.

Lors de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone ont enregistré 11 310 décès, tandis que 14 personnes sont mortes au Nigeria et au Mali, portant le nombre total de décès à 11 324. Nous sommes tous témoins de l’impact dévastateur causée par la maladie et des effets qu’elle a encore sur les survivants.

J’appelle donc les journalistes de toute la région à faire des heures supplémentaires pour aider à éviter et à limiter l’impact du Covid-19 sur les populations en affrontant la propagande et les mensonges qui sont en train de se répandent. Dans le but de combattre le virus et de s’assurer que les populations se mettent en sécurité, il est primordial que les médias fournissent aux citoyens en temps opportun des informations provenant d’experts.

J’exhorte également nos leadeurs politiques à cesser de mettre inutilement des goulots d’étranglements à la pratique journalistique en cette période de crise, déjà que les journalistes prennent eux-mêmes des risques en vue d’assurer la sécurité des populations. Des restrictions inutiles à la presse et des mesures brutales mises en œuvre pour amener les citoyens à respecter le confinement contribuent à la propagation du virus.

Récemment, lors d’un discours portant sur le Covid-19, le Directeur Générale de l’Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus à lancer un appel d’union face au virus. Il a déclaré que « l’union de votre pays sera très importante pour vaincre ce virus dangereux ». Il a aussi ajouté que « le virus exploite les différences existantes au niveau national. Si vous voulez être exploité et avoir plusieurs morts, alors politisé le sujet du virus ».

Recevez toutes mes salutations et veuillez bien vous mettre en sécurité.