AFEX Déplore les Attaques et Harcèlements Perpétrés contre un Journaliste Sud-Africain

L’African Freedom of Expression Exchange (AFEX) a appris avec consternation l’agression et le harcèlement du journaliste Paul Nthoba et appelle les autorités Sud-Africaines à conduire des enquêtes à cet effet.

Selon les informations reçues, l’incident s’est produit le 15 mai 2020, lorsque Nthoba a photographié des agents de la police Sud-Africaines qui étaient en patrouille dans la banlieue de Meqheleng près de la frontière du Lesotho pour faire respecter les directives de confinement dans le cadre de la lutte contre la COVID-19.

Après avoir pris une photo des officiers, le journaliste s’est approché d’eux pour une interview. Cependant, l’un des officiers a lancé des propos offensifs à l’endroit du journaliste et l’a giflé. Selon certaines narrations, un autre officier aurait aussi giflé Nthoba tandis que trois autres lui auraient donné des coups de pied, en affirmant qu’il n’avait pas reçu la permission de les prendre en photo.

À la suite de cet incident traumatisant, Nthoba s’est rendu au poste de police de Ficksburg pour porter plainte, cependant au lieu d’être assisté par la police, il a encore fait face à d’autres abus.

Les policiers au poste de police et ceux qui l’avaient agressé plus tôt auraient empêché ce dernier de porter officiellement plainte sur l’agression.

Nthoba a également été agressée par des policiers alors qu’il se trouvait encore au poste de police.

Selon le South African National Editors’ Forum (SANEF) après l’agression, Nthoba et sa famille ont vu « sans explication des véhicules de police en patrouille dans leur rue et un autre véhicule stationné à quelques mètres de leur domicile ».

Inquiet pour sa vie, Nthoba aurait traversé la frontière vers le Lesotho et cherché refuge dans les locaux des Nations Unies au Lesotho.

Selon le SANEF, malgré les assurances du Ministère de la Police qui indiquaient que « l’affaire serait relancée auprès des commissaires de police au niveau national et provincial afin qu’elle soit traitée de toute urgence », les agents responsables de l’agression du journaliste occupent toujours leurs fonctions officielles.

Nthoba a également été accusé d’entrave à l’application de la loi en vertu d’un règlement adopté dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 sous la Loi de 2002 portant sur la gestion des catastrophes. Si reconnu coupable, Nthoba est passible d’une peine d’emprisonnement maximal de six mois.

L’AFEX trouve l’agression perpétuée contre Nthoba très inquiétante et souligne être particulièrement préoccupée par le fait qu’après avoir agressé le journaliste, la police patrouille son quartier pour le harceler davantage, lui et sa famille. AFEX a également indiqué qu’aucun journaliste ne devrait être agressé et harcelé au point de fuir par crainte pour sa vie, et a exhorté le Ministère de la Police à accélérer les enquêtes sur l’affaire et à veiller à ce que les policiers impliqués dans l’agression soient sanctionnés. AFEX a aussi exhorté le ministère à assurer la sécurité du journaliste ainsi que celle de sa famille et a appelé les autorités à veiller à ce que tous les chefs d’accusations portées contre Nthoba soient abandonnées et que tout harcèlements cessent.