AFEX demande la libération immédiate du professionnel de media burundais détenu au Congo

Le réseau des organisations de défense de la liberté d’expression (AFEX) et  l’organisation Journaliste en Danger (JED) basée en République Démocratique du Congo, par ailleurs membre d’AFEX, exigent la libération immédiate et sans conditions du technicien de radio burundais détenu  à Kinshasa depuis 10 mois.

Egide Mwemero est un technicien de la radio privée RPA, (Radio Publique Africaine) basée à Bujumbura, la capital du Burundi. Latation RPA a été incendiée pendant les manifestations de 2015 au Burundi. La station fait partie d’un certain nombre de radios prises pour cible et détruites au cours desdites manifestations.

Mwemero qui était en exile en RDC au moment des faits, s’était rendu à Uvira, province du Sud-Kivu en RDC pour réparer l’émetteur de Radio « le Messager », partenaire de Radio Publique Africaine, ou il a été arrêté.

Les autorités congolaises ont accusées Mwemero de plusieurs charges y compris d’espionnage militaire en RDC pour le compte du Rwanda tandis que d’autres services l’accusent de participation à un mouvement insurrectionnel ou de complicité avec un réseau de déstabilisation du Burundi. La Détection Militaire des Actions Anti-Patrie (DMIAP), section de l’armée en charge de la sécurité nationale parle « d’incitation militaire ».

Après plusieurs mois de détention au secret dans les cachots des services de sécurité, Egide Mwemero a été finalement transféré, le 28 mai 2016, à la prison centrale de Makala, à Kinshasa.

Mwemero a rejeté toutes les accusations portées contre lui, repentant qu’il n’a jamais été enrôlé dans un quelconque mouvement militaire. « Je ne suis qu’un technicien de la RPA, je n’ai jamais été enrôlé dans un quelconque mouvement militaire », a dit Mwemero. Il a ajouté qu’il a été l’objet de plusieurs actes de torture lors de sa détention sur les installations de ces différents services de sécurité et qu’il a vu une détérioration de santé.

AFEX et son membre, JED, condamnent la détention arbitraire et prolongée d’Egide Mwemero et exhortent les autorités congolaises à le libérer immédiatement et sans conditions. Nous appelons les autorités du pays à assurer des soins de santés à Mwemero et à retirer toutes les charges retenues contre lui.

Nous lançons un appel aux autorités d’enquêter sur tous les actes de torture contre lui au cours de sa détention et à punir les auteurs.

La détention prolongée de Mwemero sans jugement est en violation de la constitution du pays ainsi que des dispositions de l’article 9 du Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques (PIDCP), que la RDC a ratifié depuis 1979.