AFEX condamne l’emprisonnement d’un journaliste en RDC pour avoir « insulté » un gouverneur

Le Réseau Africain de la Liberté d’Expression (AFEX) et son membre en République démocratique du Congo (RDC), Journaliste en Danger (JED), dénoncent la condamnation d’un journaliste travaillant avec la Radio-Télévision Sarah (RTS).

Selon JED, le tribunal de paix de Mbandaka, le vendredi 1er mars 2019, a condamné Steeve Mwanyo Iwewe à un an de prison pour avoir «insulté» le gouverneur de l’Équateur, une province située au nord-ouest de la République démocratique du Congo (RDC). On a également demandé à Iwewe de payer une amende de 200 $ à la plaignante.

L’incident remonte au 27 février 2019, alors qu’Iwewe couvrait des manifestations organisées par des agents  de la Coordination provinciale de l’Environnement exigeant la rétrocession de 5 % des frais de fonctionnement de leur service par le gouvernement provincial. Arrivée sur les lieux de la manifestation, le gouverneur de la région, Bobo Boloko Bolumbu, s’est enquis de la situation et a ordonné l’ordre à l’un de ses collaborateurs d’empêcher le journaliste de filmer la manifestation. 

Le journaliste a résisté et a demandé au gouverneur de lui permettre à effectuer son travail journalistique librement.

« Vous êtes venu ici pour faire votre travail, laissez-moi aussi faire le mien librement (…) », aurait-il dit au gouverneur.

Les remarques d’Iwewe ont irrité le gouverneur qui a ordonné aux policiers présents de l’arrêter.

La police a agressé physiquement Steeve Mwanyo Iwewe et l’a arrêté au poste de police central de Mbankak pendant quelques heures. Il a été transféré le même jour à la Haute Cour de Mbandaka pour y être jugé. Suite à l’intervention des avocats d’Iwewe, l’affaire a été annulée. Les avocats ont cité des vices de procédure concernant l’arrestation et les traitements inhumains infligés à leur client. Steeve Mwanyo Iwewe a été emmené à la prison centrale de Mbandaka où il a été détenu jusqu’au 1er mars 2019, date à laquelle il a été condamné à 12 mois de prison.

Trois autres journalistes de la même chaîne de télévision: Trésor Nsaebeinga, Yannick Vital Mbombo et Jean-Claude Mafundisho ont dit à JED qu’ils vivent dans la clandestinité depuis le jeudi 28 février 2019 par peur des représailles. En leur absence, leurs domiciles ont été visités, dans la soirée du mercredi 27 février, par des agents de la police munis d’un mandat d’arrêt à la suite d’une autre plainte déposée au parquet de grande instance de Mbandaka par le gouverneur de province pour des faits similaires. 

AFEX se joint à JED pour condamner fermement cet acte d’injustice flagrant à l’encontre du journaliste. Enfermer un journaliste pendant douze mois de prison pour avoir insisté sur le droit garanti par la Constitution de couvrir un événement public en tant que journaliste révèle de graves lacunes dans le système de justice pénale congolais. Il s’agit d’un abus de pouvoir flagrant de la part du gouverneur pour faire se taire les médias, ce qu’AFEX condamne en termes ambigus.

Nous appelons le procureur à annuler la décision et à libérer Iwewe afin qu’il puisse poursuivre son travail journalistique librement et en toute sécurité.

AFEX exhorte les journalistes en RDC à se soulever contre cet acte de répression contre leur collègue et à faire appel au journaliste.