AFEX demande aux Gouvernements Africains d’assurer la mise en œuvre Effective des Lois sur l’AI

À l’occasion de la Journée Internationale de l’Accès Universel à l’information (JIAI), le Réseau Africain de la Liberté d’Expression (AFEX) félicite les pays du continent qui ont adopté des lois sur l’accès à l’information (AI) et exhorte ceux qui ne l’ont pas fait à le faire de toute urgence.

AFEX encourage également les pays qui ont adopté des lois sur l’accès à l’information à veiller à ce que ces lois ne deviennent pas des lois passives, plutôt de les mettre en œuvre de manière efficace et en donnant à leurs citoyens des informations publiques factuelles et crédibles.

Le rôle essentiel que joue l’accès à l’information dans la vie quotidienne a été clairement illustré lors des phases initiales et du pic de l’épidémie de COVID-19. Les gens avaient besoin d’informations sur le virus, sur sa propagation, sur la façon dont il peut être contenu/géré, sur la façon de se protéger contre le virus, sur les restrictions de mouvement et sur les autres interventions que leurs gouvernements mettaient en place pour assurer leur sécurité.

En général, les médias ont servi de plate-forme pour transmettre à la population des informations sur le virus et les interventions des gouvernements. Paradoxalement, lorsque les médias ont demandé certains éléments d’information, des refus leurs ont été imposés, tant dans les pays qui avaient adopté des lois sur l’accès à l’information que dans ceux qui ne l’avaient pas fait. En fait, dans certains cas, les journalistes et les médias ont été maltraités pour avoir demandé certaines informations sur le COVID-19 et, plus généralement, pour avoir joué leur rôle de veille de la société.

Le réseau AFEX, par exemple, a documenté plus de 170 incidents de violation de la liberté d’expression, dont plusieurs cas de refus ou de restriction illégale de l’accès à l’information au plus fort de la pandémie de COVID-19, lorsque des restrictions de mouvement ont été imposées en 2020.

Malheureusement, certains instruments de réponse d’urgence au COVID-19 qui ont été adoptés pour contenir le virus ont imposé des restrictions supplémentaires à l’accès des journalistes à certaines informations. L’accès aux dépenses liées à la COVID-19 en particulier s’est avéré difficile dans de nombreux pays africains.

En Ouganda, par exemple, un journaliste travaillant pour le groupe ougandais New Vision, Tom Gwebayanga, a été agressé par les forces de sécurité et accusé de diffuser une propagande nuisible à la population suite à un article qu’il a publié sur l’utilisation abusive présumée des fonds COVID-19.

Malgré les leçons tirées de COVID-19 sur le rôle crucial de l’accès à l’information dans la prise de décision au quotidien, à ce jour (28 septembre 2021), sur les 54 pays du continent, seuls 24 ont adopté des lois sur l’AI. Plus précisément en Afrique subsaharienne, 21 pays ont promulgué des textes juridiques pour donner accès à l’information publique à leurs citoyens. Le Ghana (2019) et la Gambie (2021) sont les derniers à rejoindre les pays qui ont adopté des lois sur l’accès à l’information.

Malheureusement, même avec les 24 pays qui ont adopté des lois sur l’accès à l’information, peu de progrès ont été réalisés pour la mise en œuvre effective de ces cadres de lois.

Le refus d’accès à l’information ou l’accès à des informations partielles donne lieu à des spéculations qui conduisent à la propagation de rumeurs et à la désinformation. Par conséquent, dans le cadre des efforts visant à  » reconstruire en mieux  » – comme le dit le thème de la JIAI2021 (après les effets ravageurs de la pandémie de COVID-19), AFEX appelle les gouvernements africains à mettre en place des structures et des mesures qui assureront la libre circulation de l’information sans entrave. Les lois sur l’accès à l’information qui ne sont pas appliquées efficacement ne servent qu’à marquer des points sans pour autant donner aux citoyens la possibilité réelle d’application de leurs droits.

AFEX demande également aux 30 autres pays qui n’ont pas adopté de lois sur l’accès à l’information de le faire de toute urgence afin que leurs citoyens puissent faire valoir leur droit fondamental à l’information.