Tuesday, March 31, 2026
AccueilLes Violations de la Libre ExpressionL'AFEX condamne la détention de deux journalistes éthiopiens

L’AFEX condamne la détention de deux journalistes éthiopiens

L’African Freedom of Expression Exchange (AFEX) est alarmée par l’arrestation de deux journalistes de la station de radio Sheger FM 102 à Addis-Abeba, en Éthiopie, pour avoir couvert les doléances des professionnels de la santé.

Le 3 septembre 2025, la police fédérale a arrêté et placé en détention Mintamir Tsegaye, journaliste, et Tigist Zerihun, rédactrice en chef, peu après la diffusion par la chaîne d’une émission mettant en avant les revendications des professionnels de santé pour de meilleurs salaires et avantages sociaux. Un troisième membre du personnel, Eshete Assefa, responsable de l’information et des programmes, a également été placé en détention, mais a été libéré le jour même après avoir fait une déposition.

Les journalistes sont toujours en détention au bureau des enquêtes criminelles de la police fédérale, dans le quartier de Mexico à Addis-Abeba. Leur première comparution devant le tribunal a été reportée, la procédure devant se tenir le 5 septembre 2025.

Cette détention s’inscrit dans une tendance inquiétante aux violations de la liberté de la presse en Éthiopie. Ces dernières semaines, d’autres journalistes, dont Yonas Amare, du journal The Reporter, et Abdulselam Mohammed, de la radio Ahadu, ont été arbitrairement arrêtés et détenus pendant plus de dix jours. L’Éthiopie se classe 145e sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2025, établi par Reporters sans frontières, ce qui reflète un environnement de plus en plus hostile pour les journalistes.

L’Association des professionnels des médias éthiopiens (EMPA) a condamné ces détentions, les qualifiant de « pratique dangereuse » qui porte atteinte à l’indépendance des médias.

L’AFEX condamne fermement la détention des journalistes de Sheger FM et appelle les autorités éthiopiennes à les libérer immédiatement et sans condition. Le journalisme n’est pas un crime, et de telles mesures ne font qu’aggraver le bilan déjà préoccupant de l’Éthiopie en matière de liberté de la presse.

Recent articles