L’African Freedom of Expression Exchange (AFEX) condamne fermement la détention arbitraire du journaliste congolais Tuver Tuverekwevyo Wundi.
Wundi, qui occupe les fonctions de directeur provincial de la chaîne publique RTNC et de correspondant pour l’organisation membre de l’AFEX, Journaliste en Danger (JED), est détenu par l’Agence nationale de renseignement à Kinshasa depuis le 27 août 2025. Il a été vu pour la dernière fois quittant les locaux de JED pour aller déjeuner, mais il n’est jamais revenu. Depuis lors, il ne répond plus à ses appels téléphoniques et se voit refuser tout contact avec sa famille, ses collègues et ses avocats. Alors qu’une source au sein de l’Agence nationale de renseignement a laissé entendre que Wundi faisait l’objet d’un « débriefing », aucune explication officielle ni aucune accusation n’ont été rendues publiques.
Ce n’est pas la première fois que Wundi est pris pour cible. Plus tôt cette année, il a été détenu pendant plus d’une semaine par le mouvement rebelle M23 à Goma. Son arrestation actuelle par les services de renseignement de l’État met une nouvelle fois en évidence les conditions fragiles et dangereuses dans lesquelles les journalistes en République démocratique du Congo (RDC) sont contraints de travailler. De telles actions s’inscrivent dans une tendance inquiétante d’intimidation et de harcèlement des médias, qui porte atteinte à la liberté de la presse et prive les citoyens de leur droit à l’information.
L’AFEX appelle donc les autorités congolaises à :
- Libérer immédiatement et sans conditions Tuver Wundi, ou fournir une justification claire et légale de sa détention.
- Assurer la sécurité et la protection de tous les journalistes et professionnels des médias en RDC, en particulier ceux qui opèrent dans des zones de conflit.
- Mettre fin aux arrestations arbitraires et à l’intimidation des professionnels des médias, pratiques qui portent atteinte à la responsabilité démocratique et érodent la confiance du public.
Nous exhortons le gouvernement congolais à respecter ses obligations au regard de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui garantissent tous deux la liberté d’expression et le droit à la liberté et à la sécurité de la personne.
L’AFEX exprime sa solidarité envers JED, l’une de ses organisations membres, ainsi qu’envers les collègues de Wundi à la RTNC et envers l’ensemble de la communauté médiatique congolaise. Nous réaffirmons notre engagement à défendre la liberté de la presse et à protéger la sécurité des journalistes à travers l’Afrique.


