Le 2 avril 2024, le ministre de l’Information par intérim du Soudan, Graham Abdel-Qadir, a publié une directive suspendant les activités des chaînes Al Arabiya News, Al Hadath TV et Sky News Arabia, invoquant un manque de professionnalisme et de transparence, ainsi que le non-renouvellement de leurs licences.
Selon les médias, au cours de la dernière semaine de mars, la chaîne Sky News Arabia a diffusé un reportage vidéo alléguant l’implication de combattants de l’État islamique apportant leur soutien à l’armée soudanaise. Le gouvernement a réfuté ces allégations, qualifiant le reportage de « non professionnel ».
Bien que les autorités aient indiqué que ces médias n’avaient pas renouvelé leurs licences, le chef du bureau d’Al Arabiya au Soudan a réfuté cette affirmation en affirmant que les licences de la chaîne Al Arabiya News et d’Al Hadath TV avaient été renouvelées régulièrement.
Il s’agit là d’une violation flagrante de la liberté d’expression et de la liberté de la presse dans un contexte de guerre qui fait rage, où l’information est d’un intérêt public crucial. L’ampleur des atrocités commises à l’encontre des journalistes, en particulier des femmes, ne peut être justifiée par des reportages compromis.
Selon l’ONU, la guerre qui fait rage au Soudan entre les Forces de soutien rapide (RSF) et l’armée soudanaise a provoqué le déplacement de 8 millions de personnes et fait plus de 13 000 morts, créant ainsi la plus grande crise de déplacement de population au monde.
Les autorités soudanaises doivent reconnaître et manifester leur solidarité envers les journalistes et les professionnels des médias qui risquent leur vie pour fournir des informations tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
L’African Freedom of Expression Exchange (AFEX) exhorte les autorités soudanaises compétentes à soutenir le travail des journalistes et des autres organisations médiatiques présentes dans le pays, et surtout à veiller à ce qu’ils bénéficient d’une protection adéquate lorsqu’ils couvrent la guerre qui sévit actuellement dans le pays.
Nous sommes persuadés que le journalisme est essentiel au rétablissement de la paix au Soudan.


