DRC: Un caméraman détenu illégalement depuis 72 heures dans un sous-commissariat de la police

Kinshasa : Un caméraman détenu illégalement depuis 72 heures dans un sous-commissariat de la police

Journaliste en danger (JED) s’inquiète de la détention arbitraire d’un cameraman d’une chaîne de télévision confessionnelle émettant à Kinshasa, capitale de la RDC, dans un sous-commissariat de la police nationale congolaise à Kinsuka, un quartier de la commune de Ngaliema (Ouest de Kinshasa), depuis trois jours sans qu’aucune charge ne soit officiellement retenue contre lui.

Selon les informations parvenues à JED, Tazi Lusakueno, caméraman de la Radiotélévision Kimbanguiste (RATELKI), a été arrêté arbitrairement, samedi 12 septembre 2015 vers 17 heures, par un groupe d’agents de la police.

Tazi Lusakueno se rendait à sa rédaction après avoir couvert le culte de l’Eglise Kimbanguiste au quartier Lutendele quand il a été violemment attaqué par un groupe d’agents de l’ordre. Il a été embarqué de force dans leur véhicule qui était escorté par une autre jeep des vitres teintées et conduit au sous-commissariat de la police/Kinsuka où il est encore détenu. Aucune raison de son incarcération n’a été communiquée au journaliste.

Contacté par JED, Stéphane Kalunda, directeur général de la RATELKI, a dit avoir rendu visite au caméraman deux fois (samedi et dimanche). « Nous avons rencontré physiquement Tazi Lusakueno au Sous-Commissariat de la police de Kinsuka. Il n’a jamais été auditionné depuis son arrestation. Il a été molesté, le premier jour de sa détention, par les agents de l’ordre qui ont par la suite ravi pendant quelques heures sa caméra. Toutes les démarches menées pour rencontrer le Commissaire de la police de ce Sous-commissariat n’ont pas abouties. Nous n’avons trouvé que quelques policiers qui nous ont dit ne pas connaître la raison de la détention de Tazi Lusakueno », a ajouté M. Stéphane Kalunda.

Journaliste en danger (JED) s’insurge contre la persistance des attaques – intimidations, agressions et arrestations arbitraires – contre les professionnels des médias par des agents de la police censés respecter les lois du pays, notamment la loi sur la liberté de la presse en RDC.

JED demande instamment au Commissaire provincial de la police/ Kinshasa, le Général Célestin Kanyama, de s’impliquer personnellement afin d’ordonner la libération sans conditions de ce professionnel des médias, et de réserver une sanction sévère contre les policiers, auteurs de cette grave atteinte à la liberté de la presse.

Journalistes en danger