L’African Freedom of Expression Exchange (AFEX) et l’IFEX expriment leur solidarité à l’égard de leur membre, l’Association pour le développement des médias au Soudan du Sud (AMDISS), face aux attaques en ligne visant à discréditer leur travail. L’AFEX regroupe 14 organisations membres issues des régions d’Afrique occidentale, orientale, centrale et australe, tandis qu’IFEX est un réseau mondial qui inclut ces groupes ainsi que 100 autres organisations membres réparties à travers le monde, toutes engagées dans la promotion et la défense du droit à la liberté d’expression et d’information.
Depuis plus de 20 ans, l’AMDISS soutient le développement des médias tout en promouvant la liberté d’expression et d’information pour un Soudan du Sud indépendant et démocratique. Elle a aidé les journalistes et les médias locaux, en particulier les femmes journalistes et ceux des zones reculées, à participer à des formations, des ateliers et des séminaires bien structurés sur le reportage sûr, précis, de haute qualité et efficace. Elle a collaboré avec les gouvernements pour améliorer la sécurité des journalistes, protéger la liberté des médias, soutenir l’intégrité de l’information et promouvoir l’espace civique. Elle a également réuni les médias, le gouvernement et la société civile pour discuter de stratégies et de solutions visant à défendre la liberté de la presse.
La directrice de l’AMDISS, Ayaa Irene, est une journaliste, militante, membre du comité directeur de l’AFEX et membre du conseil de l’IFEX, engagée dans la promotion de la liberté d’expression, notamment l’amélioration des normes médiatiques et de l’accès à l’information dans la législation nationale du Soudan du Sud, ainsi que la défense de l’égalité des sexes pour les femmes journalistes. Elle a récemment reçu un prix pour son travail influent en faveur du développement des médias, de la liberté d’expression, des droits des journalistes et de l’autonomisation des femmes et des filles au Soudan.
Nous exprimons notre inquiétude quant au fait que ces attaques, y compris celles visant la directrice d’AMDISS, Ayaa Irene, s’inscrivent dans une tendance plus large qui banalise les agressions en ligne contre les journalistes, les militants et la société civile, et qui perpétue une culture d’impunité face aux violences dont ils sont victimes.
La montée en puissance de l’autoritarisme à l’échelle mondiale, l’augmentation de la désinformation et l’escalade du harcèlement et des attaques en ligne, en particulier la violence numérique fondée sur le genre, constituent des menaces en constante évolution pour l’espace civique et le travail des journalistes et des médias. Les organisations de soutien aux médias telles que l’AMDISS jouent un rôle essentiel dans la défense de la presse en demandant des comptes aux gouvernements quant à leurs engagements en matière de liberté d’expression, ainsi qu’en aidant les journalistes et les médias locaux à s’adapter à ces circonstances difficiles. En retour, il est essentiel que les gouvernements garantissent un espace civique libre et ouvert permettant aux médias d’exercer leur droit à la liberté d’expression tout en préservant l’intégrité de l’information, ce qui contribue à une démocratie saine et florissante.


