Le 15 mai 2024, le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone, en Suisse, a déclaré Ousman Sonko, ancien ministre de l’Intérieur de la Gambie, coupable de crimes contre l’humanité, notamment de la torture de deux journalistes.
Sonko encourt une peine de 20 ans d’emprisonnement. Il avait initialement été arrêté en Suisse en janvier 2017 après que TRIAL International eut déposé une plainte pénale à son encontre.
Ce verdict marque une nouvelle avancée historique sur la voie de la justice, suite aux violations odieuses des droits humains commises sous le règne de l’ancien président gambien Yahya Jammeh.
L’arrestation d’Ousman Sonko fait suite à la première condamnation historique liée aux 22 années de règne de terreur de Yahya Jammeh en Gambie, celle de Bai Lowe en Allemagne le 30 novembre 2023. Bai Lowe a été identifié comme membre de la junte paramilitaire des « Junglers », formée par Yahya Jammeh, et s’est avéré être le chauffeur de l’unité qui a joué un rôle principal dans le meurtre du journaliste Deyda Hydara en 2004.
Ousman Sonko a occupé le poste de ministre de l’Intérieur de 2006 à 2016 et a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre de la répression systématique menée par Jammeh contre ses opposants, en particulier les journalistes qui, selon les médias, étaient souvent détenus et torturés par les autorités gambiennes pour avoir dénoncé l’inaction de Jammeh.
L’impact négatif du règne de Jammeh en Gambie a bouleversé la pratique du journalisme dans le pays et entraîné une dévalorisation de la profession. Cette dévalorisation a étouffé le journalisme et conduit de nombreux journalistes à quitter de force la profession.
L’African Freedom of Expression Exchange (AFEX) salue ces décisions comme une étape majeure dans la quête de responsabilité de la Gambie, mais aussi comme un moyen de justice restauratrice pour les journalistes et autres personnes qui n’ont pas pu obtenir justice pour les violations des droits humains qu’ils ont subies.


